Les British Oll'Josy

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Le développement harmonieux du chaton :

Ce qui lui est nécessaire pour un parfait développement psychique et physiologique.

  

L'éleveur professionnel ou occasionnel doit être conscient que son rôle est primordial pour le développement du chaton et son devenir. Presque tout se joue dans la petite enfance.

 

Ce qu'il faut savoir :

Le choix des reproducteurs a son importance puisqu'il est déterminant pour le futur caractère du petit félin. Le mâle et la femelle retransmettent des prédispositions caractérielles au chaton. La chatte aura une double influence car elle modèle le caractère du petit par son mode d'éducation et sa manière d'être avec lui : une mère chatte anxieuse, agressive ou agitée va servir d'exemple à son jeune qui calquera son attitude sur celle de sa mère. Une mère calme, équilibrée est une bonne éducatrice, tolérante et sécurisante pour ses petits. Une gestante se sent bien lorsqu'elle vit dans le calme de son lieu de vie habituel et près de maîtres sereins non angoissés, attentifs mais pas trop protecteurs. Une chatte soumise à des stress répétés (sollicitations trop nombreuses, va-et-vient incessant autour d'elle, etc.) devient anxieuse. Ses émotions positives et négatives ont une répercussion sur les fœtus qui s'imprègnent des ressentis maternels. C'est pour cette raison que caresser très doucement le ventre d'une chatte gravide, dès le deuxième mois, aura des retentissements sur le comportement des chatons qui, par la suite, accepteront volontiers les contacts et seront moins émotifs. Le surpeuplement de chats a des effets nocifs ; une chatte vivant dans ces conditions devient de plus en plus anxieuse du fait de l'agressivité de ses congénères et il n'est pas rare de voir des chatons mis à mort à la mise bas.

La période prénatale (in utero) a une grande importance puisque les bases de l'émotivité et du profil psychologique (caractère et personnalité) se mettent déjà en place.

Les chatons naissent sourds et aveugles et pendant quinze jours vivent une période végétative dans un univers de toucher et d'odeurs dont celle de la mamelle maternelle. Comme tout mammifère le jeune a besoin de sa mère. Par léchage de la gueule et du périnée de son chaton elle déclenche les fonctions respiratoires et excrétoires. C'est ainsi que la chatte s'attache à lui.

Le contact de la fourrure maternelle douce le sécurise et le réchauffe, les soins prodigués par sa mère le réconfortent et sa mamelle le nourrit. La survie du chaton dépend alors entièrement de sa mère. Petit à petit le chaton s'éveille et s'éloigne un peu de la chatte dans l'environnement proche. La mère stimule et provoque les excrétions des petits. Elle tient " le nid " propre en ingérant leurs excréments.

Vers le 18ème jour elle les entraîne à l'extérieur pour qu'ils éliminent seuls, sans son aide, hors de la " couche ". C'est ainsi qu'elle leur apprend la propreté. Le chaton voit et entend, il commence à tenir sur quatre pattes motrices, il s'éloigne de plus en plus et explore son environnement ; il n'a peur de rien.

C'est le moment où il s'attache à sa mère : l'attachement est alors réciproque et toute séparation entraîne des cris de détresse de part et d'autre. Cette phase nommée " empreinte " par l'éthologiste Konrad LORENZ est une " période critique " dite aussi " sensible " point clé du développement des individus. Sa durée varie selon les espèces ; chez le chaton elle s'étale de la 2/3ème à la 7ème semaine environ. Ce lien affectif permet au petit de s'identifier à sa mère puis à l'espèce. Dès lors il sait qu'il est un chat. Cette imprégnation est des plus bénéfique puisqu'elle va lui permettre de lier d'autres liens avec ses congénères et plus tard de rechercher un partenaire sexuel de son espèce. C'est pourquoi, un chaton élevé par une chienne ou par les humains, isolé des siens, aura une peur panique de ses congénères et cherchera un partenaire dans l'espèce nourricière.

Empreinte et lien permettent un développement harmonieux du petit félin tant sur un plan neurophysiologique, que morphologique, moteur et aussi psychoaffectif. C'est aussi la période propice aux apprentissages et en particulier les apprentissages sociaux qui seront acquis de façon quasi irréversible et définitive. Le chaton domestique subit une double empreinte : Une à son espèce et l'autre à l'espèce humaine. Les manipulations précoces du bébé chat effectuées par l'éleveur faciliteront son adaptation dans la vie des hommes.

Le chaton devenu autonome est très actif. Ses diverses expériences vont favoriser le développement de son cerveau et mettre en place des connections neuronales. Il est prêt pour tout apprentissage, appréhendant son monde environnemental sans peur. Voilà le moment rêvé de le préparer à sa vie d'adulte en développant ses capacités motrices et sensorielles. L'éleveur peut alors lui proposer toutes sortes de stimulations, objets divers de couleurs et de formes variées mais sans danger pour lui, jouets, cartons où se cacher, à escalader, pour grimper … Il est conseillé de lui faire entendre tous les bruits de la maison comme la radio, la télévision, les appareils ménagers, etc. ... lui faire connaître la voiture progressivement et différents sols : herbe, terre, graviers etc.

Ces stimuli riches et diversifiés l'éveillent et l'aideront à s'adapter au " monde des hommes ".

 

D'une importance capitale la socialisation comprend deux volets :

1. la socialisation intraspécifique :

Dans les jeux, d'abord solitaires puis avec ses frères et sœurs, dans les affrontements le petit expérimente ses futurs comportements d'adulte : l'apprentissage des techniques de chasse, de la fuite, des combats mais aussi la vie de groupe. Il apprend aussi avec sa mère et les autres adultes, les codes de communication des siens, essentiels aux échanges sociaux. Vers la 5ème semaine cette dernière lui apprend à contrôler ses comportements c'est à dire d'arrêter avant une grande excitation, tout jeu qui dégénère. C'est l'apprentissage du comportement " d'arrêt ". Pour sa stabilité émotionnelle cet autocontrôle est indispensable. Grâce à l'intervention de la mère, aux cris des frères et sœurs il apprend le contrôle de la pression de sa mâchoire ou " inhibition sociale de la morsure " et aussi " la rétraction sociale de ses griffes ".

2. la socialisation interspécifique :

Dans cette période propice, le chaton ne craignant rien il est judicieux de lui présenter d'autres espèces. Un chaton qui a rencontré et eu des contacts précoces avec des humains (femmes, hommes, enfants, bébés, adolescents…), des chiens, des hamsters etc. ne paniquera pas à leur vue ou ne les prendra pas pour des proies lorsqu'il sera adulte.

Vers la 4/5ème semaine commence la période de peur dite aussi d'aversion, durant laquelle il craint tout ce qui est nouveau. Dans cette période il va de soi qu'il faut éviter tout traumatisme (vente, séparation, vaccins…) car la peur pourrait alors se fixer.

L'on voit ici la nécessité impérative de laisser le chaton à sa mère et dans la fratrie jusqu'à la 5ème semaine au moins et si possible jusqu'à son départ chez son nouveau maître.

Tout chaton n'ayant vécu ni l'empreinte à sa mère, ni la socialisation, ni les jeux dans la fratrie, ni stimulations serait inapte à la vie familiale. C'est le cas des chatons isolés et sans contacts humains si ce n'est la main qui tend la pâtée. Ces chatons sont condamnés à vivre dans une grande angoisse, sujets à des peurs paniques dans toute situation nouvelle, fuyant ou agressant tout autre chat ou humain qui l'approche. Nommées " syndrome de privation " ces carences graves pour son développement psychique et physiologique sont pratiquement impossibles à combler et sont insurmontables pour un propriétaire non averti.

Un autre passage difficile pour le chaton est le sevrage. Le sevrage devra s'effectuer de manière très progressive entre la 4ème et la 7ème semaine. C'est la mère chatte qui donne le signal en repoussant ses petits qui commencent à blesser ses mamelles avec leurs dents. Les petits sevrés brutalement développent des comportements excessifs de prédation. Sevrés trop précocement et séparés de la mère, les chatons adoptent des comportements de peur et d'agressivité. Nourris insuffisamment les chatons deviennent boulimiques, voleurs.

Un chaton de mère équilibrée, âgé de 2 mois ½ à 3 mois, bien imprégné à sa mère, manipulé par l'homme, élevé en milieu enrichi et socialisé est un chaton " bien dans sa peau de chat" prêt à partir chez son nouveau maître avec les conseils avisés de l'éleveur.

Son développement ne s'arrête pas là, il reste au nouveau propriétaire du chaton à l'aimer raisonnablement, sans l'humaniser, à l'éduquer afin de vivre avec lui une relation harmonieuse.

 

 

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